Lundi 14 décembre 2009
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Tous les peuples et toutes les structures humaines ont leurs héros. L'identité d'un individu est une équation où l'inné génétique et l'inné ethnique sont les bases sur lesquelles le déroulement de
la vie construira un individu équilibré, "maillon de la chaîne tribale"

Le peuple Marquisien, qui arriva dans l'archipel trois ou quatre siècles avant Jésus Christ, n'a jamais inventé l'écriture et actuellement, il se trouve orphelin de son histoire. La mémoire était
pourtant cultivée avec conviction dans les tribus; mémoire orale dont les "tuhuka oko" spécialisés étaient les outils. Des docteurs-experts de la tradition orale qui n'avaient pas le droit à
l'erreur ...fatale si elle arrivait.

Ils connaissaient parfaitement la généalogie et les caractéristiques des individus de la tribu. Les tatouages très nombreux sur le corps des individus de rang supérieur étaient aussi porteurs de
mémoire et d'identité. Mais, avec le temps, tous ces documents ont disparu ou se sont modifiés ...la mémoire trébuche ou se laisse séduire par le mensonge...
Le "tuhuka oko" spécialisé dans la mémoire tribale à Nuku Hiva
Au siècle d'internet, alors que les Marquisiens cherchent leur identité dans les limbes glorieux de leur légende, un chef de Nuku Hiva est souvent évoqué pour représenter le refus d'assimilation au
"monde d'ailleurs", c'est Pakoko.
Pakoko, c'est Vercingétorix, Napoléon ...avec un soupçon de Jeanne D'Arc (sans le bûcher mais avec une exécution..presque sans procès...)
Pakoko, un chef qui mangea du "long cochon" (l'homme) mais s'opposa à l'armée française. Une histoire où l'on dit tout et son contraire...Mais nous reviendrons plus tard sur les documents
historiques et les récits...tous partiaux...
Mais, au fait...est-on certain que Jeanne D'arc avait des échanges avec les "vehine ae" de la campagne lorsqu'elle gardait ses moutons...?